Moche, humide, et poisseux.
Jeudi ferié. Une journée à trainer en pyjama, dvd time.
Il me reste un partiel, le 24. J'ai râté, je le sens. Rattrapages, du 18 au 30 juin.
Demain, je commence mon nouveau contrat à Casa, jusqu'au 3 juin.
C'est bizarre, l'impression d'être en stand-by, j'attends ma paye parce que j'ai plus beaucoup d'argent, mais je continue d'en dépenser sans faire attention, avec des gros remords quand je vois les sommes s'afficher sur les écrans, et que je dégaine ma carte bleue.
J'attends les résultats, même si je sais qu'ils seront mauvais.
Je sais pas, en linguistique je connaissais tout mon cours, mais ils posent pas des questions claires. Verbes transitifs, intransitifs, tout ça je savais, j'avais compris je pouvais appliquer, sauf que dans la question "analysez les groupes verbaux", bah j'ai pas pensé à ça.
"Construction causative", si c'est la même chose que "factitive", alors pourquoi on dit pas factitive? Là j'aurai su tu vois.
La question, c'est est ce que j'ai râté parce que ça a été un semestre difficile psychologiquement, l'histoire avec M qu'il a fallut digérer, qui a encore parfois du mal à s'effacer, parce que j'ai beaucoup pris sur moi et que tous les problèmes sont arrivés en même temps, parce que je me suis un peu plus concentrée sur mon code que sur les cours, est ce que j'étais ailleurs, ou est ce que le rythme des cours et le niveau sont devenus trop durs pour moi? J'ai toujours été juste, pour passer d'une classe à l'autre. Bac obtenu à 10 et des poussières, première année, pareil. Ca suffit plus.
Est ce que c'est l'organisation juste pourrie de ces partiels qui m'a perturbée, est ce que 1h30 pour faire une dissert ça m'a suffit pour construire quelque chose de bien? Est ce que 9 partiels en une semaine c'est pas trop?
Je crois pas vraiment au manque de travail, je pense avoir fait ce qui fallait, dans la mesure de mes capacités, juste, j'suis un peu perdue.
Râter mes partiels à la première session, obtenir mon deuxième semestre aux rattrapages, moi ça me dérange pas, du moment que je finis par l'avoir. Mais l'an prochain, est ce qu'il faudra galérer pour obtenir une licence qui au final ne me sert à rien?
Est ce que je dois écouter ma mère qui me dit d'aller jusqu'en 3° année, "pour pouvoir passer les concours de la fonction pubique, au cas ou", ou est ce que je suis MON idée, d'arrêter maintenant, avec ma deuxième année, demander une équivalence deug (est ce que quelqu'un sait si c'est toujours possible de la demander?), et partir étudier à Montreuil le métier dont j'ai envie? "Tu travailles pour toi, pas pour moi", elle m'a dit. Justement. Mais je ne veux pas décevoir. Elle a certainement peur que ça ne me plaise pas, que je me retrouve coincée, à plus savoir quoi faire de ma vie.
C'est le flou total.
Gier soir au bowling quand ils ont passé "Last Request", j'avoue ça m'a pincé le coeur. Parce que lui, parce que le 1° janvier c'était l'album de Paolo Nutini qui tournait quand ses amis sont arrivés. Et après ils ont passé Kaolin. C'est de l'acharnement.
Et puis cette ambiance la, de mois de mai pluvieux, de 50kilos3 stagnants sur la balance, même après trois macdo et deux pots de nutella. Pourquoi ça bloque comme ça? Il est où, le fond du problème? Dis le moi que j'puisse faire quelque chose, je sais pas, donne moi une piste!
Je supporte plus rien! Ma soeur qui peste en voiture et se croit en mesure de me donner des conseils après 6 mois de permis et des dépassements de vitesse à n'en plus finir parce "moi toute manière j'adore la vitesse, j'adore conduire". Alors pourquoi t'as attendu 35 ans pour le passer, ton permis? Pourquoi t'en avais peur avant?
Ce putain d'égocentrisme des gens qui veulent que tu les écoutes raconter leur vie sans arrêt pendant que toi tu galères avec la tienne. A 34 ans ses problèmes on les règles seul, ou avec son mari, pas avec sa petite soeur de 19 ans qui lutte tous les matins pour pas vomir son petit déj.
Chacun ses problèmes putain. On s'aide, je veux bien, mais on s'étouffe pas les uns les autres.
Etre fragile et forte à la fois, j'en peux plus.
Je supporte pas ma mère qui a l'air de se ficher de ce qui peut bien m'arriver, mais qui me dit encore de temps en temps que je vais "l'abandonner" le jour ou je quitterai la maison. Faudrait que je reste pour elle, que je m'écrase, que j'écrase mes rêves, ma vie, parce que elle, elle a gâché la sienne. Elle qui fait des montagnes pour pas grand chose, mais minimise les trucs vraiment graves. Elle qui boude quand on lui dit pas que la robe qu'elle s'est cousue est jolie.
Je supporte pas mon père qui économise des centimes en débranchant la lampe de dehors, ce qui fait que je cherche mes clés trois plombes dans le noir, que ça fait du bruit et que je le réveille.
Je supporte pas Chris qui prend ma maison pour un hotel, qui débarque sans me prévenir.
Partez. Les gens. Tous. Laissez moi respirer un peu, faire le point, faire ma vie tranquille sans rendre de compte.
Vincent Delerm, j-14.
17 mai 2007
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3 commentaires:
"Je supporte pas mon père qui économise des centimes en débranchant la lampe de dehors, ce qui fait que je cherche mes clés trois plombes dans le noir, que ça fait du bruit et que je le réveille."
HAHAHA, c'est TYPIQUE mon père ça. ça me rend DINGUE, je le tuerais dans des moments comme ça ;)
Copine, tu vas voir tu vas sortir de cette galère: ta soeur se trouvera une autre confidente, ta mère te laissera partir sans te faire culpabiser, tu pourras habiter à paris et avoir ta p'tite librairie rien qu'à toi... Puis tu sais que j'suis là si jms tu veux te plaindre: hop hop hop un coup de téléphone, du blablablabla pour tout raconter, du comme d'hab quoi. J'espère que ca t'aide un peu de m'en parler des fois...
Bizous!
Parfois il faut oser vivre pour soit même.. Il faut oser envoyer paitre les gens (même gentiment)
Dis toi qu'on ne vie qu'une fois, et qu'il faut avant tout OSER... Sinon tu ne vie plus...
Ziss..
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